25 novembre 2009

Tuer un ver de terre.


Il est deux heures, je rentre de soirée, sobre. Je sais désormais pourquoi je bois.

Il s'est rappelé à moi par un fake qu'il aurait orchestré, le délicieux et beau (dans un sens un peu Curtisien) Bark Cat Bark: un supergroupe, avec, il me semble, un membre d'Arcade Fire, Zach Condon et lui, ce qui ne semblait pas surprenant dans la mesure où ils avaient déjà commis un titre ensemble. Supporté par un message attribué à Zach, il ne s'agirait que d'une fausse rumeur lancé par Josh Todd, leader et seul membre de BCB. Difficile d'en apprendre plus sur ce garçon qui a le visage de ceux qui ont grandi en décalage et le resteront toute leur vie, avec l'air grave et innocent des enfants. Multi-instrumentaliste*, ça ne fait aucun doute, francophile, au vu des titres de son dernier LP, Mathilde, paru en 2009. Josh Todd a arrêté Bark Cat Bark en 2009, par un laconique message Myspace ne disant rien de plus que "Je suis vraiment désolé. C'est fini." et donnant l'adresse de son blog sur lequel il livre ses albums en téléchargement gratuit.

 La musique de BCB est majoritairement instrumentale, même si parfois s'y mêlent des bruits de rue, les éclats de voix, de rire ou de larmes des terrasses de café enregistrées sur le fil, en plein soleil, sur le trottoir. Elle rappelle les grands de ce genre, Tiersen à ses débuts, Zach Condon, Konstantin Gropper selon LastFm, une musique de chambre, composée seul entre quatres murs sur un magnétophone à quatre, cinq ou six pistes, comme un Loney Dear, avec un simple piano et de légers vents, des cuivres, qui sonnent toujours comme une plainte tranquille, une douce mélancolie nostalgique qui sort parfois de sa léthargie au pas de l'oie, ou encore de cet instrument à tort considéré comme folklorique dans le paysage français, l'accordéon, qui évoque les années folles, les heures de gloire, 1920 et l'alcool à bas prix, les bals musettes et les guinguettes, et Hemingway en goguette. BCB n'est qu'une ode à la mélodie.


Vous pouvez donc vous procurer son oeuvre complète, mais je sais bien que ça fait chier plein de gens tous nos téléchargements et qu'entre Facebook, Farmville, Twitter, Myspace pour les vieux, et Wave pour les chanceux, plus les cours et la tize, on a pas trop le temps de s'adonner à l'hédonisme sonique. Alors voici Jardin Du Ranelagh pour illustrer la merveille qu'est l'oeuvre de cet éternel jeune homme. Plus que Paris, ce titre évoque les grands espaces, paradoxe incroyablement superbe de l'artiste seul repoussant les frontières de son environnement afin de graver ses songes en technicolor sur microsillons. On voit les herbes folles, les collines qui dorment, leur respiration sous le soleil qui trouble l'objectif de l'appareil photo, une jeune fille, blonde, ou brune, et peu importe, dans une robe blanche qui lui arrive un peu sous le genou, un peu au dessus quand elle lève la jambe, elle tourne, elle tournoie, elle tournicote dans les graminés auxquels je suis allergique, et je la regarde faire, un piano à queue apparaîtrait là et elle se mettrait à jouer que cela me semblerait normal, une poésie en noir et blanc, dans les interlignes et les interstices, rien que pour moi, elle danse, et mes yeux n'arrivent pas à la tancer, c'est irréel, une expérience sensible lorsque l'on se met à courir à deux, côte à côte, jusque derrière la colline où se trouve un étang, il y a quelques nénuphars, et l'on s'écroule dans le vert, jusqu'à ce que je tente de la toucher, et que ma nymphe s'évapore.

*Liste non exhaustive des instruments joués par Josh Todd: l’accordéon, les bassons, les albokas, baduras, bodhrans, bombardes, bouzoukis, Celestas, euphoniums, flumpets, flutes, Gayageums, Dulcimers, Harpes, Hydraulophones, Kanteles, Kemenches, Kinnors, Kokyus, des Melodicas, Phonofiddles, Pianos, des Sitars, Theremins, Ukuleles, Violons, Xaphoons et Zithers.

Et Jason Schwartzman en interview = <3.

23 novembre 2009

Le Top 10, avec Brodinski.

pic : Dimitri Barclais

Même s'il nous dit que "le West Coast n'existe plus vraiment, tout le monde habite à Atlanta", Brodinski a accepté de livrer pour tous ceux qui ont découvert le rap avec Xzibit qui pimpait des caisses, un top 10 à fort taux de chaînes en or.

Brandy - Come As You Are
Skeme - I Live Wit My Strap 

22 novembre 2009

Le post Statcounter.


Un écran, quelques milliers de kilomètres, c'est ce qui nous sépare maintenant. Je préférais sûrement quand tu croyais vraiment à l'amour que je faisais semblant de te donner. Pour quand on saura lire entre les lignes, pour quand on saura s'apitoyer sur notre sort avant de s'apitoyer sur celui des autres.


L'amour c'est bien, mais la haine c'est souvent mieux. 8 minutes, pas une seconde de plus pas une de moins, d'une techno haletante qui ravira tous les pyromanes et les brûlés, réunis sur un même dancefloor.


Sinon, je suis très Hip Hop en ce moment, façon de plaire aux filles en sneakers Nike de mon lycée. Tu me laisses jouer avec les petits noeuds dans tes cheveux, je te prête la casquette de mon pote Kevin, que ses potes du quartier appellent Le Tigre. 


Pour confirmer mon côté Mon papa à moi est un Gangster, Pill : 4075 The Refill (Mixtape)

J'avais 4 ans en 1998, lorsqu'on avait pas besoin de mains pour gagner un match de foot et lorsque la French Touch faisait trembler les enceintes des clubs du monde entier. J'en ai 11 de plus aujourd'hui, et si c'est pas encore ça pour le football, remercions Strip Steve de nous rappeler comment c'était avant.


Donc, on récapitule, ce post parlait de Rap, de Techno, d'amour, de gangsters, de sneakers Nike et de la main de Thierry Henry. Un bon post Statcounter donc.

21 novembre 2009

En fait j'ai cru que j'étais de la Superette.






Taquin le Hans.

_Air - Sing Sang Sung (sayCet remix)

Il paye pas de mine ce remix au départ. Tu te dis "ouais bof quoi". Et puis vers la moitié y'a comme une petite attente, ça monte tout doucement, y'a de l'écho sur la montagne, ça s'embrouille et ça devient beau.

20 novembre 2009

Time passed by, so did I.

Hier soir j'étais sur les Champs Elysées j'ai presque perdu un oeil dans la bataille avec leurs pétards et autres fumigènes. On a vu un Hummer suivi d'une Jeep et 20 personnes dessus qui criaient en brandissant des drapeaux. Je me suis demandée ce que ça donnerai en mute. Les CRS sont arrivés tout penaud derrière leurs boucliers transparents. On savait pas si c'était le 14 Juillet ou la prise de l'Arc de Triomphe. Les gens courraient dans tout les sens et ça m'a laissé perplexe.

J'ai le dernier Beach House (tu m'as pris pour qui) que j'ai fait tourné à mes camarades de La Frange mais je l'ai pas écouté, je suis ce genre de personne. Alors attends que l'un d'entre eux se dévoue pour qu'il te file des morceaux en exclu. Ce soir, mon chocolat chaud imaginaire à la main et mes lunettes sur le nez j'ai envie de faire l'article Good Old Days un peu et parler de Sophie Hunger dont l'album est sorti en 2008. C'est du vieux de la vieille mais je suis retombée dessus rapport à que j'ai une meilleure amie qui a l'oreille musicale, je l'ai ressorti de mes tiroires tout plein de poussière et mon coeur s'est gonflé comme une éponge.

Je vais pas te faire sa biographie je me souviens qu'elle avait eu le droit à une des critiques les plus élogieuses des inrocks. Ce qui à ce moment là m'avait un peu laissé pantoise. tellement sur papier cette fille était une goddess. Mais comme il arrive souvent que les inrocks montent aux nus des groupes que je trouve pour ma part mauvais, ou des films qui le sont vraiment, je me suis méfiée. Au final l'album Monday's Ghost est effectivement très bon, la voix de Sophie Hunger est effectivement transcendante, et pour le reste on ferme les yeux et on prie.

_ Sophie Hunger - House Of Gods
_ Sophie Hunger - A Protest Song

19 novembre 2009

"Pas de bras pas de Mandela"

J'aurais bien aimé être l'un de ces mecs à la forte street credibility, mais il faut croire que je devrais me contenter de regarder des clips West Coast les pieds sur la table basse du salon, chacun sa transgression. 

La course au clocher.

Je pensais qu'il était impossible de draguer chez MacDonald's. J'ai essayé tout à l'heure. Elle était jolie, dans son polo noir, grande, des yeux qui me fixaient avec insistance, une voix chaude, elle m'a souri, elle avait noué ses cheveux bruns en queue de cheval, elle me parlait déjà comme à un ami, acceuillante, ouverte, comme si ses désirs étaient prêts à être les miens. Mais elle m'a rejeté, d'un coup, et le vigile est venu essayer de m'arracher à sa table. Une pipe contre un Menu Maxi Best Of Royal Bacon n'est apparemment pas dans les cordes des employées de fast-food. 

Critique effectuée à l'occasion du live des Winner Louise à Toronto sur demande du Consulat.

Bénéficiant d’un rayonnement médiatique environ égal à la puissance atomique de San Marin, isolement auquel on s’attache ici à remédier, Winner Louise a pour seul défaut d’avoir un des artworks Myspace les plus laids au monde, mais je suppose que c’est la contrepartie du choix d’un label indépendant. Duo lyonnais formé il y a peu, il tente de synthétiser ce qui se fait de mieux dans l’Electronica actuellement. Ca sent comme un mélange de Boys Noize et de Daft Punk, une violence rythmique et sonique pour exciter les nerfs directeurs de nos jambes, un beat lourd et capiteux, et une puissance mélodique toujours présente, ce qui confère à la musique des Winner Louise bien plus de pouvoir de séduction qu’au Cross de Justice, et pour enrober le tout, une inspiration plus large que le cercle restreint de la French Touch, à laquelle ils apportent des rythmes funk qui rappellent parfois Cassius, mais aussi un côté heavy, rock en cuir et cheveux longs et gras. Pas à côté de la plaque médiatique et de la tendance, assez originaux pour mériter leur place au soleil, on ne peut qu’attendre du bien de la part de Winner Louise qui a, notamment, eu la lourde tâche de prendre en charge le Warm-Up de la soirée Transclub lors de laquelle se produisaient Mondkopf, Fairmont et Jori Hulkkonen ! qui ne sont pas réputés pour être de mauvais bougres.