20 avril 2016

Nageoires


Je me retrouve parfois submergé par un sac d'eau d'émotion. Je suis au boulot, ce n'est donc ni le moment ni le lieu, c'est peut-être pour ça que c'est aussi fort. Des souvenirs d'une colonie de vacances, jusqu'à les traquer sur Google Maps, une musique de piano et de paroles en Français dans les écouteurs... Tout devient complètement irréel. Je suis là assis devant mon ordinateur, mais je flotte dans l'air, cette pâte fluorescente qui est ce que je ressens et là où j'aimerais venir me blottir et refermer le tout d'un zip comme avec une tente de camping. Je respire l'air violet, je comprends que je suis de cette lave et que mon boulot n'est qu'un mauvais rêve que je suis contraint de faire du lundi au vendredi. C'est l'extérieur, et je suis dans la maison, au chaud au coin de la cheminée. Mon quotidien laborieux est au-dessus de la surface et je suis un mammifère marin. Je suis bien dans l'eau, j'y respire, je vais tout profond là où le soleil (les analyses des hommes) n'existe presque plus ; mais on me pêche tous les jours puis on me relâche. Je suis hors de l'eau et je ressens la nostalgie du grand fond et l'air me paraît si vain que j'aimerais replonger, oubliant que mon devoir est de revenir pointer éternellement sur le bateau de pêche.


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